Bretagne. Le chaînon financier manquant pour les reprises de PME. Didier Gourin

Bretagne Jeunes entreprises devient Breizh Invest PME. Derrière le changement de nom, c’est une nouvelle feuille de route pour cet outil au service de l’économie régionale qui associe les secteurs public et privé. Après l’aide au démarrage des start-up, il entend maintenant se consacrer à la reprise des PME et à leur développement.

À chaque époque, ses besoins

Il y a une quinzaine d’années, Bretagne Jeunes entreprises avait vu le jour pour répondre aux besoins de financement des jeunes pousses de l’économie, les start-up. Il s’agissait de leur accorder ce que les spécialistes appellent des fonds d’amorçage. Dans la palette des aides à l’économie, il y avait « un trou dans la raquette »,rappelle Martin Meyrier, vice-président de la Région, chargé de l’économie. Mais depuis, les choses ont bien bougé et de nouveaux outils de financement pour les jeunes pousses innovantes de l’économie ont vu le jour. Bretagne Jeunes entreprises, le sentiment du devoir accompli, a donc décidé de se consacrer à une autre priorité, un autre « trou dans la raquette », l’aide à la reprise de petites et moyennes entreprises, ou à leur développement. Elles sont nombreuses en Bretagne et forment un tissu économique plutôt homogène. Des PME, il y en a un peu partout, en particulier dans l’agroalimentaire. À changement de mission, changement de nom. Bretagne Jeunes entreprises devient donc Breizh Invest PME.

Un attelage public privé

Breizh Invest PME est une structure originale. D’un côté, la sphère publique (la Région à hauteur de 26,8% et la Banque publique d’investissement pour 23,2 %) et de l’autre, le monde bancaire avec la Caisse d’Epargne, le Crédit Mutuel Arkéa, la Banque populaire Grand-Ouest et le Crédit Agricole, avec chacun 12,5 %. Avec une même mission : apporter ce qui peut manquer comme capital lors d’une reprise d’entreprise. Ici, on ne parle donc pas de millions mais de quelques centaines de milliers d’euros. Ainsi, 200 000 € ou 300 000 €, c’est ce qui peut manquer au nouveau chef d’entreprise pour finaliser son tour de table. À ce stade, Breizh Invest PME peut entrer en jeu. La structure dispose ainsi d’un capital de 7,4 millions et elle a déjà soutenu une bonne vingtaine de PME bretonnes. « Il y a beaucoup d’opérations de reprises qui n’aboutissent pas car leur financement n’est pas complet », résume Mathieu Bourdais, le directeur exécutif de Breizh Invest PME qui apportera une sorte de chaînon financier manquant.

Pas une rentabilité à n’importe quel prix

Des banques qui mettent de l’argent sur la table, ce n’est pas par philanthropie. Pour autant, à l’égard des PME bretonnes, Breizh Invest PME n’entend surtout pas, indique Marc Brière, président de Breizh Invest PME, et par ailleurs président d’Arkéa Capital, vouloir « dégager des rendements dignes des fonds de pension. » « Nous ne sommes pas là pour mettre la pression mais pour offrir à des entreprises un accompagnement durable. Nous sommes un investisseur bienveillant et patient », poursuit-il. Quitte à s’effacer au fil du temps pour donner encore plus de présence financière au chef d’entreprise. Car l’enjeu, c’est aussi de maintenir tous ces centres de décisions en Bretagne.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/bretagne-le-chainon-financier-manquant-pour-les-reprises-de-pme-6339998

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