Banques : l’accord sur les « CDI Kleenex » bloqué par la CFDT, la CFTC, la CGT et FO Par Delphine Cuny 29/04/2019, 7:00

Les quatre syndicats n’ont pas ratifié l’accord de branche dans la banque sur les CDI d’opération, signé par le SNB/CFE-CGC. Une décision inédite des organisations syndicales qui dénoncent un risque de régression sociale.

Un front commun sans précédent. Les quatre syndicats CFDT, CFTC, CGT et FO se sont associés pour s’opposer à un accord de branche dans la banque sur les CDI d’opération et l’assouplissement des modalités d’usage des CDD, ont-ils annoncé vendredi 26 avril. Cet accord avait été signé le 8 avril par le premier syndicat de la profession, le SNB/CFE-CGC, qui représente 34% de représentativité du secteur. Il fallait atteindre le seuil de 50% pour bloquer son entrée en vigueur. Les quatre organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT et FO « réunissant 66,02% de représentativité au sein de la branche AFB« , l’Association française des banques, « en prenant cette décision inédite, assument les responsabilités qui sont les leurs en matière de défense de l’intérêt des salariés » ont-elles fait valoir dans un communiqué.

Les ordonnances Macron de septembre 2017 avaient étendu à d’autres secteurs le CDI de chantier, auparavant réservé au BTP, pouvant être désormais nommé « CDI d’opération » : ce contrat à durée indéterminée est conclu « pour la durée d’un chantier ou d’une opération » et sa rupture se traduit par un licenciement pour « une cause réelle et sérieuse« . La CGT Société Générale surnomme ce type de contrat des « CDI Kleenex« , la CFDT parle de « salariés jetables« .

« Nos organisations considèrent que la création d’un CDI d’opération permettait surtout de faire baisser les coûts pour les entreprises au détriment de la pérennité de l’emploi des salariés. Et ce, d’autant qu’il pouvait concerner tous les métiers, sauf les métiers commerciaux dans les agences. Elles considèrent que cet accord représentait une vraie régression dans la sécurité collective de l’emploi » expliquent les syndicats.

Internalisation d’emplois dans l’informatique

Les organisations syndicales estiment également que « la précarisation de l’emploi des salariés du secteur était aggravée par des dispositions qui assouplissaient les modalités d’usage du CDD » : l’accord prévoyait d’augmenter le nombre maximal de renouvellements, passant de deux à trois, et de diminuer les délais de carence entre deux CDD.

Actuellement, 98,4% des salariés de la branche sont en CDI, selon les chiffres à fin 2017 publiés en juin dernier par l’AFB. Cependant, « dans certaines activités (l’informatique, par exemple), les employeurs font massivement appel à des prestataires externes » soulignait la CFDT mi-avril dans uncommuniqué. « La création d’un CDI d’opération, dont l’issue est conditionnée par la fin d’un projet, va permettre d’internaliser certains emplois, mais surtout de faire baisser les coûts salariaux, au détriment de la pérennité de l’emploi des salariés » selon le syndicat qui représente 27% de la profession.

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