La banque en ligne est-elle faite pour vous ?

Homme tapant sur un clavier d'ordinateur

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La nouvelle année est souvent l’occasion de prendre de bonnes résolutions, notamment budgétaires. Et si, en 2019, pour limiter vos frais fixes, vous commenciez par changer de banque ? Et pourquoi pas choisir un établissement en ligne, comme Boursorama, ING ou Orange Bank, ou encore une néobanque comme N26 et Nickel. Ces offres à distance correspondent-elles à vos besoins ?

Suite au mouvement des Gilets jaunes qui interpelle depuis mi-novembre les pouvoirs publics sur le pouvoir d’achat, le président Emmanuel Macron a obtenu des banques qu’elles n’augmentent pas leurs tarifs en 2019. Ces dernières se sont également engagées à plafonner à 25 euros par mois les frais d’incidents pour les clients fragiles. Si la seconde mesure représente une véritable avancée pour 3,6 millions de personnes, en revanche, le gel des tarifs ne va pas faire bondir le pouvoir d’achat des Français.

Pour faire réellement des économies sur les frais bancaires du quotidien, la mise en concurrence des banques reste donc d’actualité. Concernant le compte, la carte ou encore les retraits, les banques en ligne se montrent les plus intéressantes. Dans ces enseignes, ces produits sont gratuits. En outre, alors que les banques traditionnelles incitent souvent leurs clients à prendre un package, qui intègre souvent des produits dont l’utilité est toute relative, les Boursorama, ING Direct et autres Orange Bank privilégient la souscription à la carte.

Les conditions d’éligibilité des banques en ligne : un problème ?

Dans le détail, Monabanq se distingue toutefois des autres banques en ligne. Sa plaquette tarifaire se rapproche en effet davantage d’un établissement traditionnel. Elle propose une offre groupée de services payante et les cartes, prises seules, sont à la charge du client. Mais elles restent deux fois moins onéreuses que dans une banque traditionnelle : 24 euros par an pour une Visa classic, contre plus de 40 euros pour les enseignes ayant pignon sur rue. Autre différence par rapport à ses concurrentes directes, Monabanq n’impose pas de conditions d’éligibilité.

En effet, historiquement, les banques en ligne offraient le deal suivant : un compte gratuit en échange de la justification de revenus réguliers (ce qui, pour elles, limite le risque de compte à sec). Mais, pour nourrir leur développement, les leaders du marché ont élargi leur cible. Résultat, depuis fin 2016, Boursorama distribue son compte Welcome, accessible sans conditions de revenus et gratuit. Orange Bank est une autre illustration de cette tendance de fond. Dès son arrivée fin 2017, la banque en ligne a fait le pari de ne pas appliquer de critères d’éligibilité. S’agissant de ses autres aînées, elles continuent à imposer un revenu ou un encours d’épargne minimum, mais qui tend à décliner. En atteste par exemple, le lancement fin octobre, chez BforBank, d’une carte classique octroyée dès 1 200 euros nets mensuels. Auparavant, pour devenir client de BforBank, il fallait justifier de 1 600 euros de revenus par mois. Rappelons que le revenu médian des Français est d’environ 1 700€ : c’est donc une grande partie de la population qui est éligible à au moins une partie de l’offre des banques en ligne.

Un avantage tarifaire sur le découvert

L’avantage tarifaire des banques en ligne vaut également concernant le découvert. Alors que les établissements avec agences se sont alignés sur le maximum légal de 8 euros par commission d’intervention, les banques en ligne n’en prélèvent pas. Là encore, Monabanq se distingue de ses concurrentes directes en facturant 8 euros à chaque fois qu’une opération cause ou aggrave un découvert. S’agissant des agios, les banques à distance appliquent en général des taux d’intérêt moins élevés dans le cadre d’une autorisation de découvert, comme en dehors de la limite tolérée, là où les intérêts débiteurs approchent du seuil de l’usure dans les enseignes traditionnelles.

Méfiance toutefois, cette politique tarifaire plus douce ne signifie pas pour autant que les banques en ligne exonèrent totalement leurs clients à sec de frais de découvert. Comme les banques traditionnelles, elles facturent les rejets de chèques, de prélèvements et de virements. Ponctuellement, sur certaines lignes tarifaires, certaines banques en ligne se montrent même plus onéreuses que leurs homologues traditionnelles. C’est le cas de Hello Bank qui facture 20 euros chaque lettre d’information pour compte débiteur non autorisé. D’accoutumée, le prix de ce courrier se rapproche plus de 10 euros. Similairement, Hello Bank adopte la même politique que BNP Paribas concernant l’autorisation de découvert : 28 euros par an de frais de dossier pour personnaliser sa facilité de caisse.

Faire une croix sur le conseiller personnel

Si un consensus ressort quant à l’avantage tarifaire des Boursorama, Fortuneo et autres BforBank, un doute peut survenir concernant la qualité de leurs services. Les banques en ligne ne disposant d’aucune agence, le service client – joignable par téléphone et par mail – est par conséquent le seul point de contact possible pour leurs utilisateurs. Un point de contact qui ne doit être sollicité qu’en cas de nécessité avérée puisque lorsque les opérations bancaires (virement, commande d’un chéquier…) peuvent être réalisées seul, par le client dans son espace personnel, le recours à un conseiller à distance entraîne des frais (5 euros par intervention chez Boursorama et Fortuneo par exemple). Par conséquent, passer sans encombre à la banque en ligne nécessite de modifier certaines habitudes et de ne pas se montrer réfractaire aux outils numériques. Exemple avec les chèques. Pour encaisser un chèque dans une banque en ligne, le bordereau et la boîte aux lettres de son agence sont remplacés par une application mobile et l’envoi par courrier du chèque.

Changer sa domiciliation bancaire pour une banque à distance nécessite aussi de faire une croix sur son conseiller bancaire personnel, ce qui lorsque l’on a un projet immobilier ou épargne peut être handicapant. Et encore… Nous assistons depuis une dizaine d’années à la restructuration des réseaux. Entre 2016 et 2020, près de 13% des agences bancaires vont fermer, selon le cabinet Sia Partners. Ces fermetures s’accompagnent logiquement d’une diminution des effectifs (et donc des conseillers) : en 2017, le nombre de salariés a baissé de 1,2%, selon la Fédération bancaire française. Ces restructurations vont, de fait, également de paire avec une hausse du nombre de clients par conseiller. Un chargé de clientèle généraliste suit ainsi entre 1 000 et 1 200 particuliers, soulignait d’ailleurs récemment Régis Dos Santos, porte-parole du syndicat salariés SNB.

L’avenir est à la banque à distance

Consécutivement à la restructuration des réseaux, les établissements traditionnels incitent de plus en plus leurs clients à se passer d’agence. Indirectement, en développant les fonctionnalités de leur espace personnel pour rendre les particuliers plus autonomes. Mais aussi directement, en développant le concept d’e-agence : le client échange uniquement par email, téléphone ou en visio-conférence avec son conseiller. Désormais, pour concurrencer encore plus frontalement les banques en ligne et les néobanques, les groupes bancaires lancent leur propre compte à distance.

Ce mouvement a été inauguré en 2017 par le Crédit Agricole et son compte Eko. La Caisse d’Epargne a suivi en 2018 avec Enjoy. Cette année, ce sera au tour de La Banque Postale de s’y mettre avec Ma Franch Bank. On ignore encore le contenu et la politique tarifaire de Ma French Bank. En revanche, Eko et Enjoy ressemblent, eux, aux comptes des néobanques (carte à autorisation systématique, pas de découvert…), tout en rendant la gamme de produits du Crédit Agricole et de la Caisse d’Epargne, ainsi que certains services en agences (dépôt de chèques et d’espèces), accessibles à leurs utilisateurs. Un plus par rapport aux banques en ligne pure players. Car bien que leur catalogue soit large, les banques en ligne pâtissent actuellement de quelques difficultés inhérentes à leur mode d’interaction à distance et leur modèle économique. Des limites qui concernent notamment le crédit immobilier.

Un catalogue large mais perfectible

Les banques en ligne proposent presque toutes du prêt immobilier, à l’exception d’Orange Bank et de Monabanq qui sortira son offre en 2019. Pour y souscrire, elles proposent des simulateurs qui permettent de renseigner sa situation financière, de définir son besoin de financement et d’obtenir une proposition commerciale. Mais ce mode de souscription rend difficile l’étude de projets immobiliers complexes. Ainsi, les banques en ligne financent rarement la construction, l’achat d’un terrain nu et refusent les montages intégrant des prêts réglementés comme le prêt à taux zéro (PTZ).

En revanche, leur gamme de produits d’épargne s’avère plus fournie. Livrets d’épargne réglementée, bourse et assurance vie font partie des standards des banques en ligne (sauf de la banque d’Orange). S’agissant des assurances vie, leurs contrats offrent un rapport qualité-prix souvent meilleur que les contrats grand public des banques traditionnelles. Leurs assurances vie engendrent ainsi moins de frais et elles intègrent, en principe, des fonds euros plus rémunérateurs. Ombre au tableau : l’épargne logement. A l’exception de Boursorama et Hello Bank, les banques à distance n’ouvrent ni PEL, ni CEL. Du coup, le transfert des encours est impossible.

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