Conflit au Crédit Mutuel : les syndicats inquiets pour l’emploi

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L’intersyndicale du groupe Crédit Mutuel a annoncé avoir déclenché un mécanisme interne en vue de préserver l’emploi en cas de sortie du Crédit Mutuel Arkéa de l’ensemble mutualiste.

Pour voir le jour, le projet du Crédit Mutuel Arkéa de quitter le groupe Crédit Mutuel devra surmonter  nombre d’obstacles réglementaires et politiques . A présent, c’est au tour des syndicats du groupe Crédit Mutuel de manifester leur inquiétude. L’ensemble des membres du Comité de Groupe National « soutient et réaffirme que le maintien du groupe Crédit Mutuel Arkéa au sein de la Confédération est la meilleure des solutions et la plus protectrice des emplois », a déclaré jeudi l’intersyndicale, craignant que le projet de scission d’Arkéa compromette « la stabilité des emplois de l’ensemble du groupe ».

Impacts sur l’emploi

Pour répondre à ces inquiétudes, les syndicats ont décidé de « recourir à l’accord de branche Crédit Mutuel » sur « la gestion anticipée des restructurations ». Cet accord-cadre permet d’élargir la Commission Paritaire Confédérale (CPC) – l’entité de négociation paritaire de la branche crédit mutuel – en CPC de l’Emploi (CPCE). Cette CPCE « sera sollicitée pour apporter son concours dans la recherche de solutions aux problèmes d’emplois qui pourraient naître de restructurations », note l’intersyndicale.

A priori, la démarche ne rejette pas le principe du divorce mais veut s’assurer qu’en cas de sortie, les éventuels impacts sur l’emploi et la gestion des carrières  auront été correctement anticipés. Mais elle adresse également un message politique, alors que les caisses locales d’Arkéa seront prochainement consultées sur le projet.

« Sans préjuger de la réalisation de la scission à un moment ou à un autre, ou de son invalidation par les autorités, les organisations syndicales représentatives composant le Comité de groupe national tiennent à apporter leur soutien à l’ensemble des salariés des fédérations regroupées au sein de Crédit Mutuel Arkéa », indique le communiqué.

Eventuels « doublons »

Cette crainte sur l’emploi en cas de divorce s’oppose directement à celle d’Arkéa. Pour le groupe bancaire – qui regroupe le Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central – c’est le maintien dans le groupe Crédit Mutuel qui ferait peser un risque sur l’emploi : ce dernier accuse de longue date la Confédération de chercher à centraliser le groupe, au risque, selon elle, de voir la tête du groupe faire disparaître d’éventuels « doublons ».

Edouard Lederer
@EdouardLederer
Les     Echos

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