Conflit ouvert entre le Crédit Mutuel Massif central et Arkéa

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La fédération du Crédit Mutuel du Massif central veut quitter le groupe Crédit Mutuel Arkéa mais la transition s’annonce des plus compliquées. Le conflit tourne au vinaigre depuis ce mardi

Au siège du Crédit Mutuel du Massif central, rue Blatin, à Clermont-Ferrand, une quarantaine d’employés ont été priés de rentrer chez eux, ce mardi matin, alors qu’une quinzaine de cadres du Crédit Mutuel Arkéa avaient investi les locaux dont ils sont propriétaires.

Cette décision, mal vécue par les salariés très inquiets pour leur avenir, est le point d’orgue d’un conflit ouvert qui oppose la fédération locale du Crédit Mutuel au groupe Arkéa, dont elle dépend depuis 2002. Chacune des deux parties parlant de « putsch inacceptable » à l’endroit des agissements de l’autre.

A l’origine de la discorde, la décision du nouveau président Frédéric Ranchon, dès son premier conseil d’administration, le 27 juin, de rejoindre, comme annoncé durant sa campagne, le groupe concurrent, Crédit Mutuel-CM11.

Mise à pied

Une décision doublée de la mise à pied du directeur général pour le Massif central, Morgan Marzin, cadre d’Arkéa, remplacé par un délégué général, Jean-Pierre Babel, qui constitue le noeud du désaccord puisqu’il est toujours directeur régional d’une autre fédération, le Centre, attachée à CM11.

« Il n’est pas concevable que des cadres d’une banque concurrente soient présents dans nos locaux et que nos salariés soient écartelés entre les deux. J’ai procédé ainsi pour que les activités de pilotage essentielles soient mises sous le contrôle effectif du Crédit Mutuel Arkéa », indique Dominique Andro, directeur délégué, venu du siège de Brest pour diriger l’opération.

Une manoeuvre qualifiée d’« agression » par Frédéric Ranchon, qui estime que la « petite » fédération du Massif central, qui représente 241 salariés sur un groupe de 9.000, est « prise en otage » dans une « guerre qui oppose la confédération et Arkéa ». « Ils ont cherché le chaos avec ces agissements d’un autre temps. Nous, nous sommes restés polis, ajoute le président de la fédération locale. Je demande à la confédération d’intervenir rapidement pour que notre décision démocratique soit respectée ».

« Prêts à discuter de la transition »

Directement en cause, Jean-Pierre Babel assure n’être là que « pour assurer la transition technique » vers le Crédit Mutuel-CM11. « Arkéa va continuer à exercer son métier et je suis prêt à rencontrer ses responsables pour organiser la transition ».

« M. Babel peut travailler à la transition et nous sommes prêts à discuter de ce sujet avec lui s’il est légitime, rétorque Dominique Andro pour Arkéa. Mais dans l’intervalle, il n’a aucun pouvoir, aucun droit et aucune directive à donner à nos salariés ».

Ceux du siège, renvoyés chez eux en vertu d’un « droit de retrait », selon Dominique Andro, reviendront « quand le dialogue pourra avoir lieu ». Et Arkéa annonce la nomination prochaine d’un cadre dirigeant pour chapeauter les 241 salariés du Crédit Mutuel Massif central.

En attendant, ce dialogue de sourds semble parti pour durer. Seul point d’accord des deux parties : elles assurent que cette situation est neutre pour les quelque 120.000 sociétaires, dont les actifs « ne courent aucun risque ».

Patrice Campo

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