Pourquoi il vaut mieux travailler dans la banque que dans la restauration rapide

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« Les salaires sont deux fois plus élevés dans le secteur financier ou l’industrie pharmaceutique que dans la restauration rapide ou la coiffure. Et le temps partiel y est moins important. »

Conjoncture | Par Cécile Crouzel  Le Figaro
Mis à jour le 09/02/2017 à 09h37

Les salaires sont deux fois plus élevés dans le secteur financier ou l’industrie pharmaceutique que dans la restauration rapide ou la coiffure. Et le temps partiel y est moins important.

On se doutait que les niveaux de salaires variaient selon les secteurs d’activité en France. Une étude du ministère du travail, rendue publique mardi et concentrée sur 57 principales branches professionnelles, le démontre chiffres à l’appui.

Premier constat, le secteur financier et les industries payent bien mieux que les services en lien avec les particuliers. Et ce quelle que soit la catégorie professionnelle. «Le salaire moyen mensuel des cadres s’échelonne de 2040 euros dans la coiffure, entre 2800 et 3000 euros dans le commerce de détail alimentaire et la restauration rapide (…), à plus de 5000 euros dans les transports aériens, les industries chimiques, pharmaceutiques et les banques», note l’étude. Soit un écart qui dépasse le simple au double. La hiérarchie est la même pour les employés: leur salaire moyen va de 1310 euros par mois dans la restauration rapide à 2500 euros dans l’industrie pharmaceutique et le transport aérien, décidément très rémunérateurs. Le salaire moyen des ouvriers de la propreté n’est lui que de 1280 euros par mois, mais dépasse 2000 euros dans 8 branches, culminant à 2270 euros dans, une fois de plus, l’industrie pharmaceutique.

Les femmes cadres dans la banque sont payées 30% de moins que les hommes

Et comme si tous les désavantages se cumulaient, les temps partiels sont nombreux dans la restauration rapide (63% des effectifs) et dans la propreté (61%). Et beaucoup moins répandus dans l’industrie (10% dans la métallurgie, 19% dans la chimie-pharmacie). Quant aux CDD, ils sont surtout présents dans le commerce et la formation.

En revanche, les branches «généreuses» ne sont pas celles où l‘égalité homme-femme est la mieux respectée. Alors que le salaire moyen des femmes, toutes branches confondues, est inférieur de 19% à celui des hommes, dans la banque et le transport aérien, les femmes cadres sont payées 30% de moins que leurs homologues masculins. Dans les industries chimiques, les ouvrières sont payées 20% de moins que les ouvriers. En revanche, l’écart de salaire homme-femme est inexistant ou presque dans la restauration rapide, chez les ouvriers et employés. À noter, les employées des télécoms et du BTP sont davantage payées que leurs homologues masculins, une rareté.

80% des salariés de la coiffure sont des employés, 60% de ceux des télécoms sont cadres

Dernier enseignement, le poids des cadres est très variable selon les branches. Ils représentent près de 60% des effectifs dans les télécoms et dans les bureaux d’études, 50% dans les banques, plus de 40% dans l’assurance et la publicité. À l’inverse, plus de deux tiers des salariés des entreprises de propreté et des déchets, ou encore des transports routiers, sont ouvriers. Et les employés constituent au moins 80% des effectifs dans la coiffure, la restauration rapide, la sécurité, le commerce d’habillement et alimentaire. Ces différences dans la qualification des effectifs jouent bien sûr sur le salaire moyen mensuel de la branche, toutes catégories confondues: il va de 1350 euros par mois dans la coiffure et de plus de 3500 euros dans les banques. Sachant que le salaire moyen, tous secteurs confondus, est de 2240 euros par mois.

Portrait statistique des principales conventions collectives de branche en 2014

publié le07.02.17

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Fin 2014, 15,3 millions de salariés sont couverts par 712 conventions collectives de branche (hors branches agricoles) regroupées en 466 conventions collectives agrégées. La taille de ces branches est très variable : les 65 conventions agrégées les plus grosses concentrent 74 % de salariés alors que la centaine des conventions les plus petites couvre moins de 0,2 % de salariés.

Les caractéristiques des salariés et des emplois couverts, relativement stables d’une année sur l’autre, varient fortement selon les branches. Ces différences s’expliquent par la diversité des métiers exercés. La part des femmes et celle des salariés de moins de 30 ans sont ainsi très différentes selon les branches, de même que les taux de CDD et de temps partiel.

Dans l’ensemble des conventions collectives de branche, le salaire net moyen d’un équivalent temps plein (EQTP) est de 2 240 euros par mois en 2014. Les écarts salariaux entre branches sont à rapprocher des différences de profils des salariés. À catégorie socioprofessionnelle donnée, les écarts de salaire moyen par branche restent toutefois marqués, en particulier pour les cadres.

Le salaire net mensuel d’une femme en EQTP est en moyenne inférieur de 19 % à celui d’un homme. En 2014, cet écart diminue dans 82 % des branches de 50 000 salariés ou plus mais il reste supérieur à 25 % dans 8 branches. Cet écart salarial est le plus élevé chez les cadres (20 %) et le plus faible chez les employés (7 %).

 Dares Résultats 2017-008 – Portrait statistique des principales conventions collectives de branche en 2014

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