Crédit Mutuel : le ton monte entre la Confédération et Arkéa

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Arkéa réfute un risque de dégradation de quatre crans de sa note en cas de divorce et juge la séparation « inéluctable ».

Il ne se passe plus guère de semaine sans qu’un nouvel épisode vienne émailler la guerre fratricide entre un Crédit Mutuel Arkéa en quête d’indépendance et le reste du groupe. Mardi, Arkéa a ainsi qualifié de « totalement inexactes et fallacieuses » les déclarations du président de la Confédération nationale du Crédit Mutuel sur une éventuelle dégradation de sa notation en cas de divorce entre les deux entités. Nicolas Théry, qui souhaite éviter la scission, avait déclaré vendredi, devant l’assemblée générale du Crédit Mutuel Centre Est Europe : « Quand je vois que Moody’s dit qu’un Arkéa séparé de la Confédération nationale du Crédit Mutuel perdrait quatre crans de notation, j’ai mal pour le Crédit Mutuel ».

Mardi, aucun analyste de chez Moody’s n’était disponible pour commenter cette affirmation. La dernière étude de l’agence consacrée au Crédit Mutuel Arkéa, publiée le 21 avril, indique que l’appartenance d’Arkéa au groupe Crédit Mutuel (et le support de ce dernier) représente deux crans de plus dans sa notation de crédit. De même, l’analyse de Moody’s sur les pertes des créditeurs en cas de défaillance (dans le cadre d’une résolution) est basée sur la structure consolidée du groupe Crédit Mutuel, ce qui représente également deux crans de notation. Mais sur ce dernier point, Moody’s n’a pas étudié quelle serait la situation si Arkéa était évalué sur son seul bilan.

Inquiétude des syndicats

Reste que pour le Crédit Mutuel Arkéa, les affirmations de Nicolas Théry « sont de nature à porter gravement et directement atteinte aux intérêts du Crédit Mutuel Arkéa, à son image et sa réputation ». Et dans son communiqué, Arkéa ajoute que cette situation « confirme le caractère inéluctable d’une séparation ordonnée ».

Cette dégradation des relations et la perspective d’une sortie d’Arkéa du giron du groupe commence à inquiéter les organisations syndicales. « Nous souhaitons que Crédit Mutuel Arkéa reste dans la confédération, à condition que soient revus les statuts pour répondre aux craintes d’Arkéa concernant son indépendance », souligne Guillaume Gloria, délégué syndical CFDT, première organisation avec 46% des voix aux dernières élections. « Ce climat n’est pas bon pour les affaires. Les clients s’interrogent, les salariés aussi ». « Nous sommes très attachés au Crédit Mutuel, il a une très bonne image auprès des sociétaires et des salariés, nous ne voulons pas le quitter », affirme de son côté Loïc Urvoys du syndicat UNSA, qui appelle « tout le monde à se mettre autour de la table ».

Un président de caisse locale d’Arkéa souligne de son côté que « les sociétaires tiennent à conserver le nom Crédit Mutuel ».

Les prochains mois devraient être déterminants, alors que la Confédération doit discuter avec ses affiliés des mécanismes de solidarité au sein du groupe, de la marque ou des sanctions.

Les Echos

Véronique Chocron
Stanislas du Guerny