Crédit mutuel Arkéa. Séparation imminente

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Il n’y a pas que Notre-Dame-des-Landes. Dans l’Ouest, une autre décision importante devrait être annoncée dans les prochaines semaines : la séparation entre le Crédit-Mutuel Arkea et la Confédération nationale de Crédit Mutuel. L’épilogue d’un bras de fer qui, dans le domaine bancaire, relève d’un scénario aussi ébourrifant que celui de l’aéroport.

Cette fois, la séparation semble imminente mais pas vraiment surprenante. Depuis trois bonnes années, les tensions sont telles entre les deux parties et la détermination si forte du côté des dirigeants du groupe Arkéa qu’on ne voit pas comment des adversaires aussi acharnés pourraient rester sous le même toit.

Au sein de cette instance nationale, les relations sont depuis longtemps compliquées entre les deux plus puissantes composantes de la Confédération : les Alsaciens d’un côté, les Bretons de l’autre, Crédit Mutuel CIC à l’est, Crédit mutuel Arkéa à l’ouest. Mais avec l’arrivée de Jean-Pierre Denis à la tête du groupe Arkéa (Bretagne, Sud-Ouest, Massif central et de nombreuses filiales), les tensions déjà palpables ont tourné à l’affrontement ouvert, le président du groupe manifestant très vite des velleïtés d’indépendance par rapport à la confédération nationale, aux mains du CM-CIC. Selon lui, cette position dominante crée des distorsions de concurrence au profit de filiales du groupe de l’est de la France, ainsi informées de toute la stratégie menée par Arkea et ses filiales, avec qui elles sont parfois en concurrence directe sur le terrain. Et il n’a pas manqué d’en appeler à la fibre régionale pour revendiquer un soutien à ses options, comme lors des grandes manifestations de Brest.

Les deux ex-partenaires se déchirent aujourd’hui comme un couple en instance de divorce. Ils ne se parlent plus qu’à coups de décisions de justice et de lettres d’huissiers, en actionnant les leviers jusqu’aux instances européennes. Ici, ce n’est pas la garde des enfants qui est en jeu mais celle de la marque « Crédit mutuel » dont la Confédération nationale revendique l’exclusivité, en cas de rupture du contrat d’alliance. Fin octobre, l’Office de l’Union européenne de la propriété industrielle est allé dans le sens de la Confédération en indiquant qu’on ne peut partir avec la marque sous le bras si on quitte ce groupe national. Simple acte administratif, objecte la direction d’Arkea, en soutenant que seul le Tribunal de l’Union européenne serait compétent pour une décision de justice opposable.

Il n’empêche : du côté de l’intersyndicale du groupe Arkéa (CFDT, CGT, SNB, UNSA), on s’inquiète de la tournure des événements. Nourries au lait du mutualisme bancaire, ces instances syndicales voient avec inquiétude se profiler une rupture qui pourrait priver le groupe de l’Ouest de la France de sa marque historique « Crédit mutuel » et bousculer ainsi les fondements même de cette banque régionale. Ils en sont aujourd’hui à se demander si le président d’Arkea ne place pas désormais l’autonomie devant la conservation de la marque. Et si on ne pourrait pas ultérieurement assister à une guerre ouverte avec l’arrivée sur les terres de l’Ouest d’agences « Crédit mutuel » n’appartenant pas au groupe Arkea.

Jean-Pierre Denis, lui, continue à tracer sa route. Fort des résultats de la banque, qu’il a qualifiés l’an dernier d’ « historiques », le Président d’Arkea redit que son groupe et ses filiales ont les reins très solides et que leur périmètre d’activité et de résultats est supérieur à celui de centaines de banques européennes qui ont pignon sur rue.

Et cette fois, il accélère. Avec le soutien des autres dirigeants du groupe, il pourrait prochainement annoncer officiellement la séparation. Peut-être même avant le verdict sur Notre-Dame-des-Landes.

[Edit 15/01/18 17h]

Dans une information donnée lundi matin à ses salariés, Jean-Pierre Denis annonce qu’il va proposer ce mercredi au  conseil d’administration du Crédit Mutuel Arkéa de s’émanciper de son organe central, la confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), en obtenant le statut d’un groupe bancaire coopératif mutualiste indépendant du reste du Crédit Mutuel.

Arkéa veut engager son divorce avec Crédit Mutuel

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La banque présidée par Jean-Pierre Denis va proposer ce mercredi en conseil d’administration de quitter la Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Dans ce cas de figure, elle devrait abandonner la marque « Crédit Mutuel »

La banque va proposer mercredi prochain de quitter la Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Dans ce cas de figure, Arkéa devrait abandonner la marque « Crédit Mutuel ».

Arkéa veut franchir le Rubicon. Le groupe – qui fédère le Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud Ouest et du Massif Central – va proposer ce mercredi en conseil d’administration de lancer les grandes manoeuvres en vue de quitter le giron de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). La direction  l’a annoncé lundi matin en interne à ses 9.000 salariés, confirmant une information du journal « Le Monde ».

Abandonner la marque

« Le Conseil d’administration du groupe se prononcera donc sur le mandat donné aux dirigeants pour engager toutes les actions permettant à notre groupe de préserver sa liberté d’entreprendre, en obtenant le statut d’un groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant, distinct du reste du Crédit Mutuel », précise le mail interne. Dit entre les lignes, l e groupe basé à Brest serait donc prêt, dans ce cas de figure, à abandonner la marque Crédit Mutuel.

Processus de consultation

Deux jours plus tard, vendredi, ce seront aux conseils d’administration des trois fédérations membres d’Arkéa de se prononcer sur « l’ouverture d’un processus de consultation des fédérations et des caisses locales sur ce projet ».  Le Crédit Mutuel Massif Central (CMMC) sera lui aussi invité à cette consultation. Cette fédération a elle-même annoncé en juin dernier son projet de quitter le giron d’Arkéa pour rejoindre la puissante CM11-CIC, qui regroupe onze fédérations.

Etonnant conflit

La démarche engagée par Arkéa pourrait, si elle aboutit, mettre un point final à un étonnant conflit qui agite depuis des années le monde mutualiste : la banque emmenée par Jean-Pierre Denis cherche à échapper au CNCM, la structure faîtière  qu’il accuse d’un excès de centralisme . Reste que le chemin resterait encore long. Les syndicats s’inquiètent notamment de la démarche, le « nouveau » groupe devant a minima obtenir de nouveaux agréments bancaires, et bien sûr se choisir une nouvelle marque, au risque de voir s’implanter sur son territoire des agences du Crédit Mutuel restées loyales à la Confédération.

Edouard Lederer
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Bretagne. Crédit Mutuel Arkéa : une semaine décisive

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Les représentants des syndicats de l’UES Arkade du Crédit Mutuel Arkéa CFDT, CGT, Unsa et SNB ont écrit aux administrateurs. Mercredi 17 janvier matin se tient un Conseil d’administration du Crédit Mutuel Arkéa.

Les représentants des syndicats de l’UES Arkade du Crédit Mutuel Arkéa CFDT, CGT, Unsa et SNB ont écrit aux administrateurs de la banque. « Le conflit confédéral vient de s’accélérer et prend désormais une tournure inquiétante. En notre qualité de représentants des salariés, nous vous alertons sur l’avenir de notre groupe mutualiste et la pérennité de nos emplois. En effet, cette entreprise est aussi la nôtre, nous l’avons construite ensemble et tout comme vous, nous y sommes attachés. »

Selon eux, le 8 décembre lors du conseil d’Administration de la Fédération Bretagne, « le président Jean-Pierre Denis aurait pris le contre-pied de toutes ses annonces précédentes en déclarant que l’autonomie était désormais plus importante que la conservation de la marque Crédit Mutuel ; cette annonce a aussi surpris et troublé nombre d’administrateurs. Cette inquiétude s’est encore amplifiée depuis la tenue d’une réunion le 18 décembre réunissant de hauts cadres du Crédit Mutuel Arkéa et les directeurs de filiales. Les comptes rendus qui en sont faits ont accrédité une rupture très rapide du Crédit Mutuel Arkéa de l’Organe Central auquel nous sommes juridiquement rattachés. »

« L’autonomie ne semble plus la finalité »

Ils ajoutent : « Soyons clairs, l’autonomie du Crédit Mutuel Arkéa ne semble plus la finalité. L’objectif semble désormais l’indépendance hors de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Or notre place au sein du Crédit Mutuel nous garantit l’usage d’une marque qui fait référence à nos valeurs et bénéficie de la meilleure notoriété dans le paysage bancaire français. Elle assoit la sécurité financière des sociétaires notamment par un dispositif de solidarité efficace propre aux valeurs de notre organe mutualiste. Sur les places financières, elle permet une appréciation favorable des agences de notation en bénéficiant de la force du Crédit Mutuel. »

« Notre notation sur la place financière »

Pour les syndicats, « en revanche, la sortie du Crédit Mutuel Arkéa de la Confédération Nationale de Crédit Mutuel (CNCM) crée de lourdes incertitudes : l’avenir des parts sociales, constituante majeure de nos fonds propres est flou, l’accord d’un agrément bancaire si nous devenions indépendants n’est à ce jour pas garanti, notre notation sur la place financière serait révisée de manière négative. »

« La confusion serait totale »

CFDT, CGT, Unsa et SNB demandent le maintien au sein du Crédit Mutuel. « Que deviendrait notre gouvernance ? Quelles seraient les conséquences sur nos conseils d’administration ? » soulignent-ils. « Le risque de voir s’implanter des agences « Crédit Mutuel » sur nos territoires après notre départ du groupe mutualiste est réel et confirmé par la CNCM si un tel scénario de sécession se réalisait. Ce danger n’existe pas aujourd’hui en raison des règles statutaires de territorialité. Face à de nouvelles agences, la confusion serait totale pour nos sociétaires et clients. […] Plus que jamais, nous en appelons à toute la force de vos convictions afin de maintenir notre groupe Crédit Mutuel Arkéa au sein du Crédit Mutuel. »

La direction : « Un mandat pour préserver l’autonomie du groupe »

Du côté de la direction du CMB Arkéa, on apporte un démenti aux propos des syyndicats : « Nos dirigeants ont bien reçu un mandat pour préserver l’autonomie du groupe. Nous sommes dans une semaine de consultation au sein des institutions CMB Arkéa et ce afin de conserver le statut de groupe bancaire coopératif et mutualiste. Les syndicats ont écrit à la direction du Crédit Mutuel et au crédit Mutuel Arkéa justement pour connaître la position et les orientations que la présidence du Crédit Mutuel Arkéa serait amenée à porter auprès de son conseil d’administration pour conserver l’autonomie de notre groupe au sein du Crédit Mutuel. »

Pour le Crédit Mutuel Arkéa, « en aucun cas, même si la banque perdait l’appellation Crédit Mutuel, il ne s’agit de l’abandon du statut mutualiste. »

Demain, mardi 16 janvier, la banque attend la décision de la Cour d’appel de Paris relative à la possibilité ou non pour la Confédération nationale du Crédit Mutuel de se transformer en société, en vue de devenir ensuite un établissement de crédit. La CNCM conteste un jugement rendu le 19 janvier 2016 par le Tribunal de Grande Instance de Paris : le TGI avait considéré que cette réforme ne pouvait se tenir sans l’accord du Crédit Mutuel Arkéa.

 « Un groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant »

Mercredi 17 janvier matin se tient un Conseil d’administration du Crédit Mutuel Arkéa. Dans un communiqué aux salariés ce lundi matin, la direction de la banque précise : « Depuis plusieurs mois, les initiatives et les pressions de la Confédération se multiplient, visant à centraliser le Crédit Mutuel Arkéa en portant atteinte à son autonomie, son fonctionnement et son développement. Le conseil d’administration du groupe se prononcera donc sur le mandat donné aux dirigeants pour engager toutes les actions permettant à notre groupe de préserver sa liberté d’entreprendre, en obtenant le statut d’un groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant, distinct du reste du Crédit Mutuel. Il délibèrera également sur l’ouverture d’un processus de consultation des fédérations et des caisses locales sur ce projet. Les conseils d’administration des fédérations du CMB et du CMSO se tiendront ensuite le vendredi 19 janvier, et la fédération du CMMC sera également invitée à se prononcer sur ce processus. »

 

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Crédit Mutuel Arkéa. Prêt à prendre son indépendance

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Jean-Pierre Denis, président du Crédit Mutuel Arkéa, va proposer au conseil d’administration du groupe bancaire, de s’émanciper de son organe central, la confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). En cas de vote positif, le processus d’indépendance d’Arkéa serait lancé.

Le Crédit Mutuel Arkéa va-t-il déclarer son indépendance et renoncer définitivement à la marque commerciale Crédit Mutuel ? C’est le scénario qui se profile et pourrait  se concrétiser dès cette semaine. La guerre fratricide entre le Crédit Mutuel Arkéa et la confédération nationale de Crédit Mutuel s’accélère en effet.
Dans une information donnée ce lundi matin à ses salariés, Jean-Pierre Denis, le Président du groupe bancaire mutualiste, basé au Relecq-Kerhuon, (qui rassemble les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central) annonce qu’il va  proposer ce mercredi au  conseil d’administration du Crédit Mutuel Arkéa de s’émanciper de son organe central, la confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), en obtenant le statut d’un groupe bancaire coopératif mutualiste indépendant du reste du Crédit Mutuel.
Les syndicats inquiets
Les conseils d’administration des fédérations du Crédit mutuel de Bretagne et ceux du sud ouest seront invités vendredi à se prononcer sur ce processus. La fédération du massif central sera également appelée à le faire.

La sortie du Crédit Mutuel Arkéa de son organe centrale est une perspective qui inquiète fortement les syndicats. Dans un courrier adressé aux administrateurs l’intersyndicale regroupant les quatre organisations syndicales représentatives de l’UES Arkade (CDFT , CGT, UNSA et SNB) les alerte sur les conséquences d’une perte de la marque sur l’avenir du groupe mutualiste et la pérennité de ses emplois : « L’avenir de votre entreprise et de ses 9.000 salariés est donc désormais entre vos mains .Vous êtes les garants de notre statut mutualiste, de la préservation de notre place au sein du Crédit mutuel et les ambassadeurs d’une marque qui a servi et développé notre groupe ».

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Crédit Mutuel : Arkéa se prononce cette semaine sur une sortie du groupe

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Les administrateurs du Crédit Mutuel Arkéa sont appelés à se prononcer, mercredi, sur une sortie du groupe Crédit Mutuel. Une décision faisant suite à plusieurs années de conflit entre Arkéa et la Confédération du Crédit Mutuel.

Le conseil d’administration « se prononcera (…) sur le mandat donné aux dirigeants pour engager toutes les actions permettant à notre groupe de préserver sa liberté d’entreprendre, en obtenant le statut d’un groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant, distinct du reste du Crédit Mutuel », écrit le CM Arkéa (fédérations Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central) dans un courrier interne adressé à ses cadres dirigeants, que l’AFP a pu consulter. Les administrateurs « délibèreront également sur l’ouverture d’un processus de consultation des fédérations et des caisses locales sur ce projet », ajoute ce courrier.

En cause, une longue liste de différends judiciaires qui oppose depuis plus de 2 ans le Crédit Mutuel Arkéa à son organe central, la Confédération nationale du crédit mutuel (CNCM), autour de la volonté d’autonomie du premier. « Depuis plusieurs mois, les initiatives et les pressions de la Confédération se multiplient, visant à centraliser le Crédit Mutuel Arkéa en portant atteinte à son autonomie, son fonctionnement et son développement », est-il dénoncé dans le courrier.

En cas de sécession, Arkéa renonce à la marque Crédit Mutuel

En cas de retrait de la confédération, Arkéa renoncerait à pouvoir utiliser la marque Crédit Mutuel. Plusieurs organisations syndicales du groupe ont ainsi plaidé pour un maintien d’Arkéa au sein du Crédit mutuel, évoquant les « lourdes incertitudes » que fait planer la perspective d’une sortie. « Notre place au sein du Crédit Mutuel nous garantit l’usage d’une marque qui fait référence à nos valeurs et bénéficie de la meilleure notoriété dans le paysage français », font valoir la CFDT, la CGT, le SNB/CFE-CGC et l’Unsa dans un message adressé aux administrateurs du CM Arkéa, que l’AFP a également pu consulter.

Les syndicats jugent en outre que « le risque de voir s’implanter des agences Crédit Mutuel sur nos territoires après notre départ du groupe mutualiste est réel et confirmé par la CNCM si un tel scénario de sécession se réalisait ». Les quatre organisations demandent par conséquent « solennellement aux dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa de respecter leur parole qui a toujours affirmé l’autonomie au sein du Crédit Mutuel ».

En savoir plus sur https://www.cbanque.com

Arkéa engage sa sortie du groupe et de la marque Crédit mutuel

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Jean-Pierre Denis, patron du Crédit mutuel Arkéa, va proposer à son conseil d’administration, mercredi, de faire sécession.

La guerre fratricide qui mine depuis plus de trois ans le Crédit mutuel pourrait trouver son épilogue avec le départ du groupe des fédérations « indépendantistes » de l’Ouest. L’équipe dirigeante du Crédit mutuel Arkéa, qui réunit le Crédit mutuel de Bretagne, celui du Sud-Ouest et pour quelques mois encore celui du Massif central, a décidé de larguer définitivement les amarres.

Selon nos informations, son président Jean-Pierre Denis va en effet proposer mercredi 17 janvier à son conseil d’administration de quitter la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), la structure de tête du groupe coopératif et son organe central. Un véritable séisme pour l’institution, qui se verrait amputée d’une partie de son activité, et pour Arkéa, ses 9 000 salariés et ses 3,9 millions de clients. Car en quittant le groupe, Arkéa devra abandonner la marque commerciale « Crédit mutuel », la marque bancaire la plus appréciée des Français selon l’Observatoire Posternak-IFOP. Le nom devra disparaître des agences, des présentoirs, des documents publicitaires. Un saut dans l’inconnu, car il faudra en outre qu’Arkéa obtienne un nouvel agrément bancaire et clarifie son niveau de fonds propres.

Pourquoi cet établissement, dont le bénéfice net a dépassé les 300 millions d’euros en 2016, en arrive-t-il à cette extrémité ? Le feuilleton de la discorde a pris pour la première fois une tournure judiciaire en octobre 2014. Dénonçant « une situation persistante de conflits d’intérêts au sein de la confédération », accusée de faire cause commune avec les puissantes fédérations de l’Est de la France (« CM11-CIC »), le Crédit mutuel Arkéa avait alors saisi l’Autorité de la concurrence et le procureur de la République de Paris.

Jean-Pierre Denis s’est toujours refusé au compromis

Les griefs ont ensuite évolué lorsque la Banque centrale européenne (BCE) a demandé à la confédération de renforcer ses pouvoirs d’organe central, pour une meilleure…

Par VÉRONIQUE CHOCRON lemonde.fr

 

 

Banques : le numérique, l’un des « grands enjeux de 2018 » selon la FBF

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Le secteur bancaire français sera focalisé en 2018 sur le Brexit, l’adaptation aux réformes réglementaires et la révolution numérique. La directrice générale de la fédération bancaire française (FBF), Marie-Anne Barbat-Layani, qui a accordé une interview à l’AFP, appelle par ailleurs l’Europe à accélérer la construction de l’Union des marchés de capitaux.

Quels seront les grands chantiers du secteur bancaire pour 2018 ?

Le numérique « réinvente le modèle bancaire français de proximité »

Marie-Anne Barbat-Layani : « Il y a tout d’abord le Brexit : on va entrer dans le concret des discussions. Il va aussi falloir transposer en Europe l’accord de Bâle signé en décembre [précisant les règles de calcul des risques dans les bilans des banques, NDLR], qui a été présenté comme la dernière grande réforme de la réglementation post-crise. Il va s’agir de vérifier que les spécificités des financements européens, notamment le crédit immobilier, sont bien prises en compte. Un autre grand enjeu de 2018, c’est le numérique avec ses aspects positifs, dont l’innovation et l’amélioration des services proposés aux clients qui réinvente le modèle bancaire français de proximité, et des sujets plus complexes comme celui de la cybersécurité. On va regarder avec attention tout ce qui concerne l’évolution des métiers notamment avec le développement de l’intelligence artificielle. Sur ce dernier sujet, nous menons un travail très actif avec les syndicats. Enfin, en 2019 aura lieu le renouvellement de la Commission et du parlement européens. Il est important de commencer dès à présent à préparer certains sujets en vue de ce renouvellement. L’un des grands chantiers va être la relance de l’Union des marchés de capitaux. »

Le secteur bancaire français peut-il tirer son épingle du jeu des négociations européennes ?

« La zone euro devient plus que jamais le périmètre majeur pour nous »

M-A.B-L. : « On est dans une configuration très positive pour la France. Il y a de nouveau un leadership français qui était très attendu en Europe. On est typiquement dans le genre de période où l’on pourrait préparer des dossiers importants pour les futures institutions européennes sur le développement des marchés de capitaux notamment. La perspective d’avoir un ministre des Finances européen nous semble assez intéressante. La zone euro devient plus que jamais le périmètre majeur pour nous. Le Royaume-Uni était et restera une place financière de premier plan. Mais il ne sera plus autour de la table, l’Europe doit prendre son destin financier en main, qui plus est dans un moment où certains partenaires européens, comme l’Allemagne, sont dans une situation politique de transition. Il va falloir faire bouger les lignes et il est important que les grands pays d’Europe continentale se mettent d’accord. D’autant plus que nous assistons par ailleurs à une déréglementation américaine susceptible de rouvrir un certain nombre de sujets, qui appellent une certaine vigilance de notre part. Ils pourraient créer de réelles distorsions de concurrence. »

Il y a 10 ans, en 2008, la crise financière éclatait aux Etats-Unis et faisait vaciller nombre de banques dans le monde entier. Quel est l’état du secteur aujourd’hui ?

« Les banques françaises ont beaucoup mieux traversé la crise que d’autres banques internationales »

M-A.B-L. : « On est dans une situation un peu particulière en France : les banques ont beaucoup mieux traversé la crise que d’autres établissements à l’international. Et nous sommes le seul pays de la zone euro où il n’y a pas eu de coût net pour le contribuable. Mais de façon générale, les choses ont radicalement changé. Il y a par exemple eu la création de l’Union bancaire en Europe. Les fonds propres détenus par les banques ont plus que doublé, de nouveaux dispositifs réglementaires sur la liquidité et la résolution [procédure de sauvegarde des établissements en difficulté, NDLR] des banques ont été mis en place. Il y a par ailleurs eu des réorganisations très fortes au sein des établissements bancaires. L’importance notamment de la conformité a explosé et l’emploi dans ce secteur a fortement progressé. Avec la mise en œuvre de la supervision bancaire européenne il a fallu tout réinventer en ce qui concerne les relations avec les superviseurs. Aujourd’hui, il reste de possibles sources d’instabilité, notamment dans le champ du shadow banking [finance parallèle, NDLR]. Mais il est temps désormais de tourner la page de cette crise et il faut une banque conquérante, notamment dans un contexte de Brexit, pour garantir le financement de l’économie, mais aussi la formation professionnelle ou encore le développement des énergies vertes. »

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Ronan Le Moal (Crédit Mutuel Arkea): «En 2018, l’AssurTech va se déployer, notamment grâce à l’IOT»

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FrenchWeb: Quels sont, pour vous, les faits marquants sur les 12 derniers mois?

Ronan Le Moal, directeur général de Crédit Mutuel Arkea: J’ai relevé sur l’année passée, deux éléments marquants:

  • l’accélération du phénomène FinTech et l’intervention forte du Crédit Mutuel Arkea qui a représenté 30% des montants investis en France en 2017 sur ce secteur avec notamment l’acquisition de Pumpkin, la levée de fonds de Younited, LINXO, Masuccession, Grisbee et Fluo.
  • le lancement de Max, un assistant personnel financier sur mobile.

Quelles sont les tendances incontournables dans votre secteur?

Voici les différentes tendances à suivre de près:

  • la poussée de nouveaux entrants venant desintermédier les acteurs classiques,
  • la montée en puissance sujets AssurTech grâce à l’IOT notamment,
  • le paiement sans contact (Arkea, une des rares banques à proposer en 2017 et ApplePay et paiement sans contact sur Android).

En 2018, quelle stratégie comptez-vous mettre en place?

En 2018, nous souhaitons continuer à accompagner l’écosystème FinTech comme nous le faisons depuis maintenant plusieurs années.

Nous envisageons aussi le déploiement à grande échelle de Max, la digitalisation de tous les actes transactionnels, le début de notre collaboration avec la BPI sur un dispositif de KYC (Know Your Customer) de place et enfin de poursuivre le déploiement du fonds West Web Valley.

Procès : le « Robin des bois » des banques gagne contre le Crédit mutuel

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C’est l’histoire d’un ancien banquier du Crédit mutuel, Gérard Faure-Kapper, qui aide désormais les personnes en faillite à se faire rembourser leurs frais bancaires excessifs. Alors qu’il dénonçait l’usure pratiquée par cette banque, cette dernière a contre-attaqué en le poursuivant pour diffamation… L’homme vient d’être acquitté.

Qui de mieux placé qu’un ancien banquier pour s’attaquer aux frais bancaires ? Depuis qu’il a fondé son association, l’Aplomb, en 2009, Gérard Faure-Kapper porte secours aux personnes endettées. Il dévoue désormais son expertise à recalculer, en y incluant les frais de découvert, le véritable taux d’emprunt que les banques appliquent à leurs clients… en leur faisant trop souvent, abusivement, les poches. Parfois, l’Aplomb (pour Association pour la légalité des opérations et mouvements bancaires) va jusqu’en justice pour faire rembourser ses 3.000 adhérents. Le 17 novembre dernier par exemple, l’un d’eux récupérait 37.000 euros d’agios.

Une activité de « Robin des bois » des banques qui n’est pas du goût de tous… C’est ainsi que le Crédit mutuel du Nord, branche locale de son ancien employeur, a cherché à le faire taire en le poursuivant pour diffamation en 2014. Un procès qui a trouvé son issue ce 22 décembre dans l’après-midi, la justice ayant acquitté le président de l’Aplomb.

Une banque « usurière »

Si le Crédit mutuel a voulu se retourner contre Gérard Faure, c’est parce que ce dernier avait écrit sur son blog que la banque était « malheureusement devenue usurière ». A l’époque, il interpellait le président de la caisse du Crédit mutuel d’Abbeville au sujet du cas de Stéphane Leberton, un artisan en faillite. En relaxant Gérard Faure ce vendredi, les juges de la 17eme chambre correctionnelle de Paris lui donnent raison. En effet, lorsqu’un taux d’emprunt dépasse 20%, la banque se rend coupable d’un délit d’usure, et doit les rembourser intégralement. Pour Stéphane Leberton, ses 30.000 euros d’agios étaient deux fois au-dessus du seuil pénal. Cette victoire ouvre enfin la voie de son remboursement, alors que la banque le menace toujours de saisir sa maison.

Pour l’Aplomb, cette victoire est le procès des frais bancaires « toujours injustement prélevés aux plus pauvres », avait scandé l’avocate de l’association Maitre Katia Debay lors de l’audience du 9 novembre dernier. Forte de cette victoire symbolique d’un David contre Goliath, l’association souhaiterait davantage prévenir que guérir en 2018. Elle demande à ce que les frais de découvert soient systématiquement inclus dans le calcul du taux d’emprunt. Selon une récente étude de 60 millions de consommateurs, les frais de découvert représentent un volume de 6,5 milliards d’euros par an. Concrètement, il s’agit des commissions d’intervention, des frais de rejet ou des « lettres d’informations pour compte débiteur »…

L’Aplomb doit également continuer à dépatouiller les dossiers de ses 3000 adhérents pour les aider contre les banques. 700 cas sont encore à traiter.

Par Vincent Jaouen

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Les banques au défi de l’identification de leurs clients

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Pour se prémunir contre les sanctions des régulateurs et pour répondre aux demandes d’ouverture de compte à la minute, les banques musclent leurs systèmes d’identification de leurs clients. Des chantiers coûteux et de longue haleine.

Les alertes du gendarme bancaire sur les manquements de La Banque Postale à  ses obligations de lutte contre le financement du terrorisme lors de l’octroi de « mandats cash » en attestent : les régulateurs demandent toujours plus de vigilance aux banques dans l’identification de leurs clients. Récemment, Société Générale et BNP Paribas ont aussi été épinglées pour des manquements dans leur lutte contre le blanchiment.

Pour éviter de nouvelles amendes et se prémunir des cyberfraudeurs, tout en se dotant de systèmes capables d’ouvrir un compte en quelques minutes comme le veut le standard imposé par les néobanques, les établissements ont décidé de se mobiliser.

Ouvrir un compte à l’aide d’un selfie

« Tous les grands réseaux travaillent à l’amélioration de leurs processus d’entrée en relation : ils se sont rendu compte que la complexité de leurs processus de « KYC » (pour Know Your Customer) pouvait leur faire perdre des clients… », explique Jérôme Grelier associé chez Accenture. De fait, les technologies de lecture automatique des caractères ou encore de biométrie permettent de simplifier radicalement les choses, aux yeux du client.

Société Générale teste par exemple un outil qui doit être lancé début 2018 pour identifier ses nouveaux clients, non plus par un rendez-vous en agence, mais à l’aide d’ une reconnaissance faciale . Récemment validé par la CNIL, l’outil permettra d’ouvrir un compte à l’aide d’un selfie. De son côté, Crédit Agricole travaille aussi sur un outil capable de valider et d’extraire les informations de documents officiels transmis par les clients automatiquement, pour leur éviter des rendez-vous fastidieux.

Repenser la collecte de données

Ces innovations ne dispensent toutefois pas les banques de repenser en profondeur leur collecte de données. « Il y a un enjeu colossal de repenser les processus pour les rendre plus agiles, chaque réglementation (Facta, Mifid 2, etc.) donne souvent lieu à des collectes de données cloisonnées. En parallèle, les banques doivent aussi gérer l’héritage du passé, c’est-à-dire la mise à jour de leurs stocks de données de « KYC » qui concernent des clients existants, certaines ont pris un retard important », détaille Jérôme Grelier.

Pour s’y atteler tout en réduisant leurs coûts, plusieurs banques françaises ont opté pour une mutualisation de leurs processus internes. De sorte qu’un client identifié par l’une de leur filiale puisse souscrire un service d’une autre de leur filiale plus aisément. Ce chantier est en cours par exemple chez BNP Paribas et au Crédit Agricole.

Dans le groupe BPCE, la filiale de la Bred, Vialink, vient par ailleurs de lancer une offre dédiée à l’identification des clients qui gère – outre les ouvertures de comptes de la Bred- celles de la filiale de BPCE spécialisée dans les paiements,  Depopass .

Les Regtechs à la manoeuvre

Dans ce contexte,  les Regtechs – ces start-up spécialisées dans les enjeux réglementaires – continuent de muscler leurs offres. « Le sujet du « KYC » est de loin le plus exploité par ces acteurs », estime Julien Maldonato, associé chez Deloitte. Le cabinet de conseil à d’ailleurs lancé sa propre solution baptisée « KYCstart » pour proposer à ses clients de gérer leur collecte de données et leur vérification.

Le succès de ces outils d’externalisation se limite toutefois aux éléments les plus standards de l’identification des clients ou à l’apport de brique technologique. « Il y a un réflexe de protection des données clients dans les établissements : les notes de confiance accordée par les banques à leurs clients peuvent aussi devenir des notes marketing et déterminer leur approche commerciale. Les logiques de mutualisation sont difficiles à mettre en oeuvre dans ce domaine », estime Julien Maldonato.

Sharon Wajsbrot

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